Comment les perturbateurs endocriniens impactent t-ils votre vie et celle de votre bébé ?

Comment les perturbateurs endocriniens impactent t-ils votre vie et celle de votre bébé ?

 

Vous le savez, devenir maman engendre le fait d’avoir la nouvelle responsabilité d’un tout petit être. Alors il ne suffit plus simplement de prendre soin de soi, il faut aussi prendre soin de ce bébé que l’on aime plus que tout. Prendre soin de quelqu’un d’autre nécessite de savoir tout plein de nouvelles choses qui nous paraissaient futiles auparavant.

Cet article est issu d'une conversation que j'ai pu avoir avec Bérengère, étudiante en gynécologie. Elle m'a fait prendre conscience de l'importance et de l'impact  des perturbateurs endocriniens sur notre quotidien. Cet article a en grande partie été écrit grâce à son œil avisé. Merci à elle. 

Afin de vous aider à préserver bébé, nous voulons vous sensibiliser, à travers cet article, à une des substances chimiques qui peut causer plein de vilaines maladies à long terme, non seulement à votre enfant, mais aussi à vous-même.

Définition et caractéristiques des perturbateurs endocriniens 

Qu’est-ce qu’un perturbateur endocrinien ?

Pour commencer, les définitions de base…

Les perturbateurs endocriniens (PE) sont des substances chimiques d'origine naturelle ou artificielle étrangères à l'organisme, qui vont donc, par plein de mécanismes, modifier le système endocrinien de l’homme.
Le système endocrinien est un ensemble de glandes et de cellules produisant des hormones dont le rôle est de permettre le bon développement du corps humain et de maintenir l’équilibre de ses fonctions principales.

Ces substances peuvent interférer avec le fonctionnement du système endocrinien et induire des effets néfastes sur l'organisme d'un individu ou sur ses descendants. TOUS les perturbateurs endocriniens sont dangereux pour la santé car par définition ce terme décrit des substances qui entraînent un effet nocif ou bien une pathologie pour l’organisme humain. 

Ayant un petit chat et étant une amoureuse des animaux, la première question que je me suis donc posée est la suivante : les perturbateurs endocriniens contaminent t-ils seulement les êtres humains ? La réponse est non ! D’après une étude récemment publiée dans la revue médicale Environmental Science & Technology, ils interfèrent avec le système hormonal des chiens et des chats, et causent comme chez l’homme des dérèglements hormonaux chez ces derniers. Ces interférences affecteraient donc les systèmes reproductifs et neurologiques chez les chiens et les chats.
Il est donc important que vous soyez attentif à ne pas laisser traîner des produits contenant des perturbateurs endocriniens (par exemple du parabène) à portée de votre animal et en particulier lorsque vous êtes absent. Une ingestion trop importante de parabène peut entraîner chez votre chien ou votre chat des maladies rénales, thyroïdiennes et même du diabète. La vigilance est donc également de mise pour ce que pourrait manger votre animal de compagnie.

Mais où les trouve-t-on ? 

Attention, la suite va peut être vous faire peur. En effet, les perturbateurs endocriniens se trouvent un peu partout dans la vie de tous les jours. Mais à partir du moment où ce contact avec ces substances est inévitable, il ne faut pas tomber dans la paranoïa non plus. Il est difficile d’éradiquer tous les pertubateurs endocriniens car nous ne pouvons tout simplement pas neutraliser l’environnement extérieur. Cependant, le rapport avec les perturbateurs endocriniens peut être limité de manière progressive en prenant des bonnes habitudes. Nous rentrerons plus en profondeur dans les bonnes attitudes à adopter lors de la troisième et dernière partie de cet article. 

Vous pouvez donc trouver les perturbateurs endocriniens dans votre environnement quotidien, dans votre maison, dans votre alimentation et même plus globalement dans l'eau, la terre, les fruits, les légumes, les conserves, les produits d'entretien et d’hygiène, les textiles, les cosmétiques, dans le plastique mais aussi dans les rivières et dans la mer : les animaux marins (les poissons, entre autre) en pâtissent beaucoup. La contamination de la mer engendre également une pollution des fruits de mers, et c’est donc pour cela qu’il est déconseillé d’en manger à outrance, tout comme le poisson. La nourriture issue de l’agriculture en contient beaucoup notamment à cause des pesticides. 

On retrouve aussi les perturbateurs endocriniens au sein des meubles neufs, dans les habits neufs ou même dans les cosmétiques (déodorants, vernis, lingettes jetables, crèmes à raser, gels douche, shampoings, produits de coloration pour les cheveux, etc). Ils se trouvent également dans la peinture, dans le mercure, les casseroles ou dans les additifs alimentaires. Dans la mesure où même si on le dit peu, le tabac est un redoutable perturbateur endocrinien. Les fumeurs et fumeuses voient donc leurs hormones perturbées, ce qui a un impact au niveau de la puberté, des règles, de la contraception et de la ménopause (pour les femmes)…

Mais alors, la pilule ? Contient t-elle des perturbateurs endocriniens ? 

Contrairement à toute attente, la pilule n’est pas si mauvaise que ça. D’après Robert Barouki, biochimiste et toxicologue à l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), « si on considère assez largement les perturbateurs endocriniens comme ce qui perturbe les hormones, alors oui, on peut dire que la pilule fonctionne comme un perturbateur endocrinien ». Il estime toutefois que les caractéristiques de la contraception orale ne correspondent pas réellement à la définition du perturbateurs endocriniens retenue par l’Union Européenne. Cette dernière définit les perturbateurs endocriniens comme quelque chose qui “présente un effet indésirable chez un organisme intact” et qui “a un mode d’action endocrinien, c’est-à-dire qu’elle altère la ou les fonctions du système endocrinien”.

La liste des perturbateurs endocriniens est longue, mais parmi eux :

- Les pesticides
- Certains plastiques comme le bisphénol A contenu dans les emballages et produits courants type biberons en plastiques, boîtes de conserve, jouets pour enfants, etc. 
- Les phtalates dans les cosmétiques
- Des conservateurs comme les parabènes présents dans les cosmétiques et dans l’industrie agro-alimentaire
- Les déchets industriels type hydrocarbures aromatiques polycycliques
- Le cadmium (tabac) ; le plomb (équipements électroniques, peintures…), l’arsenic ; le mercure (meubles, matelas, produits électroniques …) ; le teflon (batterie de cuisine)
- Les alkylphénols dans les peintures et détergents
- Certains additifs alimentaires (le BHA et BHT)
- Le triclosan (cosmétiques et produits d’hygiène)


Certains ont un effet nocif démontré, tandis que d’autres sont encore à l’étude.

Risques et effets néfastes notamment pour la grossesse

Pendant la grossesse, les perturbateurs endocriniens sont particulièrement nocifs car la plupart traversent le placenta, qui est une sorte d’interface entre la mère et son bébé permettant la croissance foetale. C’est par là que tous les nutriments passent. Nous pouvons donc dire que c’est une véritable éponge pour le bébé, qui est d’autant plus sensible à ces substances chimiques. Après avoir traversé le placenta, ils altèrent le système vasculaire. Cela peut considérablement perturber le développement du bébé et provoquer de nombreux problèmes comme des anomalies des organes génitaux externes pour les petits garçons, des troubles neuro développementaux (troubles de l’attention, hyperactivité, autisme), des retards de croissance, des troubles de la reproduction (infertilité, insuffisance ovarienne, fausses couches à répétition, troubles du cycle, puberté précoce, endométriose), mais aussi des maladies chroniques (diabète, obésité, maladies cardiovasculaires et cancers.)

Il faut cependant noter que ces maladies ne sont pas uniquement liées à la présence de perturbateurs endocriniens, et leurs implications restent encore parfois à démontrer, mais elles y contribuent. 

Comme mentionné ci-dessus, les jeunes enfants (âgés de moins de 3 ans) sont donc plus susceptibles d’être impactés par la présence des perturbateurs endocriniens, car ils sont particulièrement vulnérables de part leur fragilité. Les principaux processus biologiques et physiologiques fondamentaux sont programmés au cours de cette période pour toute la vie.

En octobre 2018, l’Association française de normalisation (AFNOR) a créé un logo portant la mention “destiné à l’alimentation du tout petit”. Cela signifie que les aliments portant ce logo ont été préparés spécifiquement pour des enfants de 0 à 3 ans.

    Ce logo permet d’orienter le choix des parents dans l’alimentation de leurs nouveaux nés et enfants de 0 à 3 ans. Il est gage de fiabilité et de sécurité pour les aliments que vous donnez à manger à votre enfant.

    Pour avoir une base solide, un bébé devra grandir dans un environnement sain, exempt de pollutions, avec une alimentation adaptée à son âge et un temps de sommeil suffisant. 

    Comment faire ?

    Comment se protéger des perturbateurs endocriniens ?

    • Privilégier l’agriculture biologique, l’élevage raisonné, sans pesticides, sans hormones, sans additifs.

    • Attention à la consommation de graisses animales et produits de la mer (crustacés par exemple) qui contiennent de nombreux polluants. Par exemple, mangez du poisson pas plus d’une fois par semaine.

    • Utilisez des filtres à eau ! D'une manière générale, les filtres à charbon actif permettent d'éliminer une large gamme de perturbateurs endocriniens différents, notamment les œstrogènes stéroïdiens et de nombreuses substances œstrogéniques qui peuvent contaminer l'eau potable, se formant lorsque le chlore utilisé pour désinfecter l'eau réagit avec les matières organiques naturelles présentes dans l'eau : végétation, feuilles mortes, etc.)

    • Prendre l’habitude d’éviter de mettre du plastique dans le micro-onde : privilégier les Tupperware et les biberons en verre. De plus, évitez de consommer des produits issus de boîtes de conserve ou de plastique.

    • Pour vos casseroles, privilégiez la céramique, l’inox ou encore mieux, la fonte.
      Le Téflon, très résistant à la chaleur et très rigide, est malheureusement aussi extrêmement toxique dès 230°C (émanation d’acides corrosifs). Sachez que lorsque vous cuisinez, votre poêle atteint 250°C en quelques minutes.
      L’acide perfluorooctanoïque (PFOA), sert à coller le Téflon dans les poêles et casseroles. Classé parmi les perturbateurs endocriniens, il migre dans les aliments pendant la cuisson. Il est responsable de maladies congénitales, provoque la baisse de la fertilité masculine et est reconnu comme cancérigène. 

    Aérez votre intérieur régulièrement et évitez les produits ménagers habituels dans vos placards. En effet, ils sont bourrés de perturbateurs endocriniens ! La meilleure solution serait d’utiliser du vinaigre blanc, du savon noir (dégraissant efficace pour la cuisine), mais aussi du savon de marseille pour vos lessives. Ils sont très efficaces.
    • Prendre des médicaments seulement si c’est bien nécessaire. Malgré le soulagement qu’ils peuvent procurer, ils restent des substances chimiques.

    • Éviter le tabac et l’alcool. En effet, il est un redoutable perturbateur endocrinien. Les fumeuses voient leurs hormones perturbées, ce qui a un impact au niveau de la puberté, des règles, ou de la ménopause, entre autres. On constate par exemple une augmentation du nombre de cas de ménopauses précoces chez les femmes fumeuses (entre 23 et 30 % de plus). Et plus le tabagisme est important, plus l’effet toxique l'est également. De plus, le tabac augmente le risque de développer des cancers du sein et du col de l’utérus. Cette addiction est aussi très néfaste pour les femmes enceintes, bien évidemment.
      En ce qui concerne l’alcool, il est “un cancérigène, un toxique, un perturbateur endocrinien et dès les faibles consommations, on peut avoir des effets délétères", d’après le professeur Mickael Naassila, président de la société française d’alcoologie. 

    Voici d’autres mesures fortement conseillées pendant la grossesse pour limiter les effets sur bébé, mais pas seulement ! Il s’agit de bonnes habitudes à prendre même sans être enceinte :

    • La période de la grossesse peut être l’occasion pour vous d’instaurer une nouvelle routine beauté ! Aussi, utilisez les cosmétiques avec parcimonie. 

    On évite : les Parabens, les Phtalates (très souvent utilisé dans les parfums pour fixer et prolonger leur senteur), les Alkylphenols (souvent dans les produits nettoyants corps et cheveux, mousse à raser et produits coiffants), les Phenoxyethanol, les filtres chimiques à UV (benzophenone, oxybenzone, camphre, oxybenzone, methylbenzylidene), le Resorcinol (très utilisé dans les colorations capillaires, même celles dites "végétales"), le BHA, le Triclosan, les Silicones, ou encore le Buthylphenyl methylpropional. Malheureusement, cette liste est non-exhaustive car de nouvelles études peuvent apparaître et ainsi dénoncer de nouveaux PE.

     

      Ainsi, éviter tous ces ingrédients peut être très compliqué. Le plus simple serait d’adopter des produits cosmétiques bio et d’origine 100% naturelle, et de vous situer grâce à des applications prévues pour comme “EWG’s Sking Deep” ou YUKA. 

      • Pour votre bébé, privilégiez les vêtements d’occasion. Même si nous avons souvent envie d’acheter de beaux vêtements tout neufs pour nos bébés, dites vous que cela aura un impact positif non seulement pour sa santé, mais également pour la planète !
        En effet, les vêtements et chaussures ne sont pas non plus épargnés des PE. Après avoir analysé une centaine de vêtements, souvent fabriqués dans des pays avec des normes sociales et environnementales plus laxistes (Chine, Vietnam, Malaisie, Philippines), l'association Greenpeace a révélé que le textile contient des substances susceptibles de provoquer des cancers et d'agir comme perturbateurs endocriniens. Les vêtements d’occasion auront eu plus de temps pour éliminer ces substances toxiques. Si vous avez déjà acheté des habits neufs, lavez-les une fois avant de les mettre à votre bébé pour évacuer les pesticides employés lors de la culture du coton. Et ce, même si vous faites porter à votre enfant du coton bio car sa teinture peut ne pas l'être. Également, les jouets neufs pourraient aussi contenir des vapeurs toxiques. Privilégiez les jouets d’occasion.

      • Si vous déménagez ou souhaitez bâtir une chambre toute neuve pour bébé, il est recommandé d’utiliser des meubles d’occasion. Sinon, prenez le temps d’aérer les meubles en aggloméré 2 ou 3 mois avant de les installer dans la chambre de bébé, en prenant soin d’ouvrir les cartons. Une fois cela fait, montez les meubles et aérez encore une fois le plus possible. Tout cela avant la naissance de bébé. Si des travaux sont à faire pendant votre grossesse, laissez papa s’en occuper (si possible) pour éviter l’exposition du bébé dans le ventre de sa mère. La peinture est par exemple infesté de PE.

      • Supplémentation en acide folique, iode, vitamine D et oméga 3 conseillée deux mois avant la conception et à poursuivre pendant la grossesse

      Bien sûr, n’hésitez pas à prendre rendez-vous avec votre médecin traitant, votre gynécologue ou votre sage femme pour en discuter, et cela, si possible avant la grossesse (consultation pré-conceptionnelle) afin d’avoir le temps de prendre de bonnes habitudes progressivement. Car toutes ces bonnes attitudes à adopter ne peuvent pas se faire en un jour. Un conseil pour commencer : choisissez un domaine (par exemple, les produits d’entretien, les cosmétiques ou bien l’alimentation), et quand cela devient plus ou moins automatique, élargissez progressivement aux autres, car il est difficile de bouleverser toutes nos habitudes en un claquement de doigts. Ce qui est sûr, c’est que vous ne pourrez jamais neutraliser totalement votre environnement, mais chaque exposition évitée est bénéfique sur votre corps ou celui de votre bébé.

      Si vous voulez en savoir plus sur le bien être de votre enfant, n’hésitez pas à aller consulter notre article sur les risques éventuels liés aux différentes pratiques de couchage de l'enfant. Si vous voulez apprendre à manger mieux en famille, rendez vous ici

      Et oui, avoir un enfant nécessite d’apprendre pleins de nouvelles choses ! ♥️

      Alors maintenant, à vous de jouer !





      Sources

      • Bérengère CHARDON, étudiante en gynécologie 

      https://sante.journaldesfemmes.fr/fiches-sante-du-quotidien/2554792-perturbateur-endocrinien-definition-liste-effets-grossesse/

      https://www.ecoledeschiens.com/blog/148-les-produits-cosmetiques-seraient-toxiques-pour-nos-animaux.html#popinCroquettes

      https://orbi.uliege.be/bitstream/2268/238385/2/Tabac-ENdocrinologie%20VCP%202019.pdf 

      https://www.quechoisir-montpellier.org/sante/169-comment-ne-pas-porter-de-vetements-toxiques

      http://vegetatout.com/quelles-poeles-casseroles-cuisiner-danger/

      https://www.oolution.com/bloog/blog/2014/02/13/perturbateurs-endocriniens-eviter-cosmetiques/

      https://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/25803-Journee-mondiale-tabac-le-tabac-perturbe-gravement-hormones-les-femmes 

      https://www.europe1.fr/societe/alcool-meme-avec-une-faible-consommation-il-y-a-un-risque-de-developper-certaines-maladies-3739445#:~:text=%22L'alcool%20est%20un%20canc%C3%A9rig%C3%A8ne,d%C3%A9l%C3%A9t%C3%A8res%22%2C%20conclut%2Dil.


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